Vendredi 8 Août 2008
Vidéo de la cérémonie de remise de matériel aux Daaras.
Les écoles coraniques communément appelées « Daaras » au Sénégal sont des lieux d’enseignement du Coran. Ces Daaras sont généralement établis aux alentours des mosquées ou dans des villas lorsqu’ils se trouvent en ville, ou tout simplement sous un grand arbre dans certains villages. Les parents viennent confier leurs enfants au « Marabout » qui est chargé de leur enseigner le Coran et de leur apprendre les valeurs de l’Islam. En contre partie de l’enseignement que fournit le maître coranique aux enfants, les parents lui remettent soit de l’argent, des vivres ou divers biens pouvant lui servir.
Malheureusement, pour plusieurs raisons, la première étant la pauvreté, nous assistons à une prolifération des cesdits Daaras, entretenus par desdits maîtres coranique dont les compétences laissent à désirer et dont le seul et unique but est de se faire de l’argent sur le dos de ces malheureux petits enfants en les obligeant à mendier, vu que cette activité est très lucrative. Cette pratique s’exerce souvent avec la complicité des parents, pauvres, qui ne trouvent aucune autre solution que de confier leurs enfants à de faux maîtres coranique dans l’espoir de lendemains meilleurs.
La plupart du temps ces maîtres coranique viennent de pays limitrophes accompagnés d’un nombre non négligeable d’enfants supposés être leurs talibés (éléves). Ils s’installent dans des abris de fortunes tels que des maisons en construction, des jardins publics ou aux alentours des mosquées. Il arrive souvent qu’ils louent une maison et mettent les talibés devant le fait accompli les obligeant donc à rapporter une certaine somme d’argent par jour sous peine d’être battu.
Ces talibés mènent un rythme de vie infernale dans leur Daaras. Ils se lèvent tous les jours avant la prière du matin et vont mendier leur petit déjeuner jusqu’à 9 heures, heure à laquelle certains retournent dans leurs Daaras pour étudier jusqu’à 13h. Puis ils renouvellent leur sortie pour mendier leur déjeuner jusqu’à 15 heures, heure à laquelle certains d’entre eux versent la somme journalière à leurs Marabouts. Il arrive même parfois qu’ils sortent de nuit pour pouvoir compléter leur versement. Ainsi de suite les jours se suivent et se ressemblent.